lundi 16 octobre 2017

[Track of The Day] Mélanie Pain - Le Mot

J’ai un an de retard sur la sortie de cet album de Mélanie Pain, mais une question me taraude : la caennaise a fait quelque-chose de précis pour être boudée par les médias ?

C’est dingue d’être à ce point ignorée. Quand même, ‘My Name’ et ‘Bye Bye Manchester’ n'étaient-ils deux disques d’une finesse exquise, aux mélodies élégantes et où elle savait, plus qu’aucune autre de ses congénères françaises, marier sa voix à d'autres (la magie qui s'opérait entre elle et Ed Harcourt sur Black Widow, c'était quelque-chose) ? Oui, ils l'étaient. Et pourtant, rien ou pas grand chose.

Et je n'ai pas l'impression que son dernier album 'Parachute', sorti l’an passé, ait changé quoi que ce soit à l'affaire. On y retrouve une Mélanie Pain qui continue de changer de direction : exit les guitares afin de mieux se concentrer sur le piano et une production plus synthétique.
Mais sa voix, à moitié enfantine, ses histoires, ses mélodies, tout y est une nouvelle fois. Sans doute moins immédiat que ses prédécesseurs, plus épuré, mais pas moins réussi ‘Parachute’ prouve une nouvelle fois qu’il serait temps qu’on s’intéresse vraiment à Mélanie Pain. Et un an après, il n'est jamais trop tard pour (re)découvrir cet album : des artistes comme elle en France, on n’en a pas cinquante.

Album : Parachute
Année : 2016
Label : Kwaidan Records

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En écoute dans le lecteur Spotify et Deezer à gauche

Le Mot de Mélanie Pain, en plus des lecteurs Spotify et Deezer, est également en écoute ci-dessous :


Autre très belle chanson tirée de ce ‘Parachute’ de Mélanie Pain, Dans Une Boîte :


Pour finir, le clip de Comme Une Balle :



vendredi 13 octobre 2017

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Wallowa Lake Monster

Sorti il y a déjà deux ans, 'Carrie & Lowell' n'en finit plus de continuer d'exister. Depuis, celui-ci aura en effet eu droit à une version live (lire ici) à laquelle viendra s'ajouter dans quelques semaines 'The Greatest Gift' (malheureusement uniquement disponible au format digital), une mixtape compilant des remixes, des démos, des versions alternatives mais aussi 4 chansons inédites et exclues du tracklisting final : The Hidden River of My Life, City of Roses, The Greatest Gift et Wallowa Lake Monster, en écoute ce jour.

Seul 'Come on Feel The Illinoise' avait eu droit à ce traitement de faveur, avec la sortie en 2006 de 'The Avalanche', une compilation de chutes de studio. Ce qui en dit beaucoup sur l'importance que porte Sufjan Stevens à 'Carrie & Lowell'.

Wallowa Lake Monster donc. Une chanson de plus de 6 mns, très belle (évidemment), dans l'esprit de 'Carrie & Lowell', mais avec plus d'emphase ; et qui explique pourquoi ce titre ne s'est pas retrouvé sur l'album original. Une chanson où il toujours question de la mère de Sufjan Stevens, mais de façon plus poétique et métaphorique. La chanson se termine d'ailleurs par ces mots :  « As we wait for the waters to reside, her remarkable stoicism and her pride, when the dragon submerged we knew she had died ».

Notons aussi que Sufjan Stevens vient de s'essayer à la musique de film vu qu'il a composé trois chansons pour 'Call Me By Your Name', un long métrage de Luca Guadagnino, à sortir ces prochaines semaines (au moins aux États-Unis). Fin d'année chargée pour l'homme de Detroit.

Album : The Greatest Mix
Année : 2017
Label : Asthmatic Kitty

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify dans la colonne de gauche, Wallowa Lake Monster de Sufjan Stevens est en écoute ci-dessous :


Wallowa Lake Monster de Sufjan Stevens est aussi disponible ici :



La bande-annonce de 'Call Me By Your Name', où l'on peut donc entendre une partie d'une des trois chansons composées par Sufjan Stevens :



jeudi 12 octobre 2017

[Track of The Day] Will Stratton - Manzanita

Quand on a 25 ans, s’il y a bien une chose à laquelle on ne pense pas, c’est bien avoir un cancer. Et pourtant, ce foutu crabe n’est jamais très loin. Demandez à Will Stratton ce qu’il en pense lui qui après un ‘Post-Empire’ de toute beauté s’est vu diagnostiquer un cancer des testicules ; et pas du genre mignon et bénin mais plutôt sur le mode de celui qui vous a déjà empoisonné le foie, les poumons et l’abdomen quand vous découvrez que vous êtes malades.

Remis et guéri (en tout cas à ce jour), Will Stratton a su reprendre sa carrière prometteuse de compositeur folk. Et de quelle manière. D’abord par un ‘Gray Lodge Wisdom’ (chez Talitres, toujours à l’affût des beaux disques) puis cette année via ‘Rosewood Almanac’.

Un disque très anglais pour un américain comme Will Stratton (même si l’on sent parfois planer ici et là quelques inspirations toutes Sufjanienne et un peu de David Ackles). Mais surtout un disque de folk, à la beauté lumineuse qu’il déploie avec une belle tendresse.

Contrairement aux Wolf Parade pour qui le cap de la quarantaine ne semble pas être une sinécure, Will Stratton lui, malgré la mélancolie qu'il essaime, voit la vie différemment, forcément. L'espoir est là, bien présent.

La touche supplémentaire qu'il fallait à cet album délicat jusqu’au bout des ongles, que ce soit dans ses mélodies, ses arrangements (entrez ici alto, violon, violoncelle et autres clavecins) et dans sa façon de chanter ; une manière bien à lui d'ailleurs, toujours posée, jamais dans l’excès, comme s’il cherchait la douceur plutôt que quelques effets de manches malvenus. Un disque élégant en tous points.

Album : Rosewood Almanac
Année : 2017
Label : Bella Union

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify, Manzanita, troisième chanson de ce 'Rosewood Almanac' de Will Stratton, est en écoute ci-dessous. Et comme il le dit lui-même : « I love the way that we grow old ».


Autre chanson de ce 'Rosewood Almanac' de Will Stratton, voilà I See You :



Pour finir, le single Some Ride via avec son clip :


mercredi 11 octobre 2017

[Track of The Day] Michael Chapman - The Prospector

Samedi dernier, le Sonic de Lyon avait invité une légende. Oui, une légende du folk : Michael Chapman, vieux monsieur de 76 ans à la casquette bien vissée sur la tête, et les doigts d'une dextérité folle.

Il fallait le voir sur scène, seul, éteignant tous les murmures d’une péniche pourtant assez bien remplie. Il fallait le voir dérouler ses accords de guitare, les répéter et étirer ses chansons sur près de 10 mns, sans jamais lasser son auditoire, avec un jeu aussi envoûtant que merveilleux.

Né en 1941 à Leeds, Michael Chapman m’était jusqu’alors totalement inconnu. Pourtant il semble être considéré comme l'égal d'un Bert Jansch, d'un Nick Drake, d'un Richard Thompson et d'un Jackson C. Frank ; est encensé par, au choix, David Bowie (qui lui piquera Mick Ronson) et autres Thurston Moore (la légende veut qu'un des albums de Chapman aurait été le déclencheur pour la formation de Sonic Youth). Et a une carrière riche et fournie, avec plus de 50 albums à son actif - et autant d'années de carrière derrière lui.

Le dernier en date s'appelle justement '50' et est là aussi bien pour marquer le coup que pour remettre en lumière un artiste trop méconnu. Pris en main par Steve Gunn, très entouré dans l'enregistrement de cet album, il est difficile ici de ne pas penser à Johnny Cash lorsque Rick Rubin décida de donner à l'homme en noir une seconde vie; voire à Okkervil River ressuscitant Roky Erickson.

Pour Michael Chapman, '50' est son premier « american record ». Il propose 10 chansons pour près d'1h de musique folk où ses compositions (tantôt de nouveaux titres, tantôt des relectures de ses plus beaux morceaux) sont soit nues comme des vers (quand bien même son jeu fait croire le contraire), soit habillées d'électricité, de banjo, de cordes ou de chœurs.
Mais une chose frappe à l'écoute de cet album sublime et de cette voix nullement fatiguée : ce sont bien 50 années de folk qui nous contemple. Et de quelle manière !

NB : Découvrant l'artiste, difficile d'en dire plus. Mais la chronique très complète de Pinkushion saura combler les nombreux vides !

Album : 50
Année : 2017
Label : Paradise of Bachelors

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify, The Prospector de Michael Chapman est également en écoute ci-dessous, aux accents Neil Young-ien :


Autre chanson tirée de ce '50' de Michael Chapman, That Time of Night



Et pour finir le trailer de ce '50' de Michael Chapman :



lundi 9 octobre 2017

Wolf Parade - Cry Cry Cry [Sub Pop]

Il y a des chansons qui sont tellement incroyables qu’elles ont la fâcheuse tendance d’écraser de leur force l’album dans lequel elles se trouvent. Et qui empêchent d'apprécier un disque dans sa globalité. Deux exemples marquant chez moi : le Bloodbuzz Ohio de The National et le Bullets de Tunng. Mais il en existe évidemment plein d'autres.

Et puis, il y a d'autres chansons, tout aussi fortes mais dont la puissance réside dans le fait qu’elles rendent le reste de l’album encore plus beau (un exemple parmi des milliers, No One Said It Would Be Easy de Cloud Cult).

Lazarus Online, la chanson qui ouvre le nouvel album des canadiens de Wolf Parade est à ranger dans la deuxième catégorie. D’une puissance incroyable, d’une mélodie à se damner, avec un piano comme hanté, celle-ci ouvre la voie de façon magistrale à la suite du disque.

Un disque qui voit la reformation du duo Spencer Krug/Dan Boeckner, six ans après leur split faisant suite à un 'Expo 86' sans réelle saveur. Loin d’avoir abandonné leurs innombrables projets parallèles (un nouveau Destroyer est prévu pour le 20 octobre prochain), les Wolf Parade se sont remis en selle, et de quelle manière, avec ‘Cry Cry Cry’, leur 4è album, et sans doute leur meilleur avec ‘At Mount Zoomer’.

Car passé Lazarus Online, magnifique ouverture donc, le duo va dérouler dix autres chansons aux mélodies imparables pleines de guitares sublimes, de synthés, de piano, de cuivres. Véritable synthèse des appétences musicales de Spencer Krug et Dan Boeckner, rendant même de discrets hommages aussi bien à Bowie (Lazarus Online) qu'à Leonard Cohen (« But it's all inside the heart and Marianne won't let them near it » sur Valley Boy), ‘Cry Cry Cry’ est un disque impeccable et qui réussit à mélanger avec une grande subtilité textes désabusés et mélodies dansantes (voire festives) et enivrantes.

Un retour par la très grande porte donc pour les Wolf Parade, à l'instar de LCD Soundsystem, la sincérité dans la démarche en plus, le cynisme de James Murphy en moins. ‘Cry Cry Cry’, album de l’année ? On fera le point dans quelques semaines, mais on en sera sans doute pas très loin. (Sortie : 6 octobre 2017)

Plus :
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est en écoute sur le bandcamp du groupe
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est (notamment) à l'achat sur le bandcamp du groupe
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est en écoute sur Deezer et Spotify (et bien d'autres)
Le site officiel de Wolf Parade


Trois chansons de ce 'Cry Cry Cry' de Wolf Parade. Lazarus Online (également en écoute dans le lecteur Deezer et Spotify dans la colonne de gauche), Incantation et Weaponized :
 





Pour finir, deux clips tirés de ce 'Cry Cry Cry' de Wolf Parade  : Valley Boy et You're Dreaming :

Wolf Parade - Valley Boy


Wolf Parade - You're Dreaming